L’actrice Jennifer Garner dénonce le sexisme d’Hollywood

jennifer-garner-300Après Emma Watson, Jennifer Garner. Comme chaque année, le magazine « Elle » a honoré les femmes à Hollywood fin octobre. Lors de la soirée intitulée « Women in Hollywood », l’actrice de « Daredevil » a alors dénoncé le sexisme qui y règne.

« Le seul fait qu’on ait besoin d’un événement intitulé « Femmes à Hollywood » reflète bien la situation », a-t-elle déclaré. « L’événement « Les hommes à Hollywood » a lieu chaque jour, ça s’appelle Hollywood. »

L’actrice, âgée de 42 ans, a évoqué un épisode personnel mais hautement révélateur du traitement inégalitaire réservé aux hommes ou aux femmes. Elle et son mari, le non moins célèbre acteur et réalisateur Ben Affleck, ont tous deux été récemment interviewés lors d’une « junket ». Mais les questions posées à l’un ou à l’une étaient loin d’être similaires.

« Ce jour-là, chaque journaliste m’a demandé comment je faisais pour équilibrer ma vie d’actrice et celle de mère. Ben, de son côté, n’a pas eu une seule question de la sorte. Seulement des questions sur les seins de Emily Ratajkowski, sa partenaire dans Gone Girl » et mannequine du clip polémique « Blurred Lines » de Robin Thicke, dont la performance érotico-sexiste restera dans les annales du machisme. « En ce qui concerne la question travail/famille, personne ne lui a posé ce jour-là. Je veux dire : personne. Pourtant, nous partageons la même famille. Est-ce que le temps n’est pas venu de changer tout ça ? »

Dénoncer les clichés stéréogenrés, la démarche est louable. Sauf que dans le numéro de novembre du Elle américain, la star décrit à quel point la maternité a modifié son plan de carrière. « Mon ambition a changé d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas lorsque j’ai eu des enfants. J’ai commencé à surtout rechercher le bonheur de ma vie et celui de ma famille comme un tout ». Ben en a-t-il fait autant ? Dommage.

Les féministes n’aiment pas les hommes, c’est bien connu

Vanity Fair And Juicy Couture ?Vanities? 20th Anniversary Hosted By Vanity Fair West Coast Editor Krista Smith And Actress Shailene Woodley In Support Of All It TakesC’est de toute beauté. A tel point que l’on se croirait dans un revival d’avant-guerre. Sans compter que ces propos nauséeux ne sont pas le fruit gâté d’un vieux misogyne macho du siècle précédent, mais d’une jeune étoile du cinéma hollywoodien.

Shailene Woodley n’est pas féministe. Bah non, elle « aime les hommes ». Et tout le monde sait bien qu’être féministe, ce n’est pas vouloir l’égalité entre les sexes, ou mettre fin aux discriminations dont sont victimes les femmes. Non, non, être féministe, c’est faire du mal à ces braves messieurs.

L’actrice américaine de 22 ans, connue pour son rôle dans le film « The Descendants » avec George Clooney et sa récente interprétation dans « Divergente », assure fièrement dans une interview pour « Time »: « Je pense que l’idée de sensibiliser les femmes au pouvoir, diminue les hommes et ça ne marchera jamais parce que vous avez besoin d’équilibre. »

On remerciera la pertinence de cette analyse qui viendra certainement éclairer la mini-présence de femmes réalisatrices au prochain Festival de Cannes, au nombre de deux. Elles ne voulaient sans doute pas diminuer ces braves messieurs, qui règnent en maître dans le septième art. Faut-il rappeler que la palme d’or n’a été décernée qu’à une seule femme en 67 éditions.

« A.L.F. » : le film engagé aux 21 prix

« A.L.F. » pour « Animal liberation front », en référence au mouvement activiste de défense des animaux.  C’est le premier film de Jérôme Lescure, tourné en 2010, et sorti en France fin 2012, financé par plus de 550 donateurs et associations, après un précédent documentaire sur la corrida, Alinéa 3 (Jérôme Lescure est également le vice-président du Crac Europe, Comité radicalement anti-corrida).

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« On a eu tellement de soucis sur ce tournage, à croire que nous avions un ange gardien qui a permis de le sortir. Le film est allé au-delà de nos espérances. » « A.L.F. » a ainsi remporté 21 prix internationaux, dont 8 fois celui de meilleur film. Il sortira dans les prochains mois aux États-Unis.

Le film raconte l’histoire d’un groupe d’activistes qui force les portes d’un élevage pour libérer des chiens destinés à la vivisection. L’un d’entre eux est arrêté. Un film en partie inspiré d’éléments autobiographiques : Jérôme Lescure a déjà été condamné pour avoir libéré des chiens.

A l’origine de ce projet : rendre hommage à ces militants. « La détresse et la souffrance animale (et plus particulièrement la détention d’animaux dans les laboratoires), sont systématiquement cachées, dissimulées, voire niées. Le but premier de ce film est de permettre à un public le plus large possible, quel que soit son âge, son milieu social, sa religion, ses a priori, d’être informé », explique Jérôme Lescure sur son site internet.

Selon Jérôme Lescure, « l’A.L.F. a presque toujours été décrite de façon négative, qualifiée de radicale et d’ultra violente, alors que la plupart de ces activistes sont des pacifistes avérés et ne font que délivrer de l’horreur quelques-uns des millions d’animaux suppliciés. » Brigitte Bardot ou encore Pamela Anderson, très engagée pour la cause animale, ont soutenu le film.

Le réalisateur n’est pas un novice dans le domaine de la protection animale. Lui qui travaille au sein de l’association Bourdon, consacrée à l’adoption de chats, milite depuis l’âge de 15 ans. « Ma passion est devenue mon métier », ajoute-t-il. Il dit ne pas avoir fait ce film par hasard, projet qui lui trottait dans la tête depuis 2004. Et s’inspirer de l’histoire du militant Patrick Sacco, de l’association Respectons. « Je suis né avec cette empathie pour les animaux, je ne peux pas faire autrement ni fermer les yeux. »

Autodidacte, il a vécu à Hollywood ou encore à La Réunion. Originaire de Saint-Etienne, Jérôme Lescure travaille également avec les collectivités pour que des mesures concrètes soient prises, comme des pigeonniers pour la régulation des volatiles ou encore des campagnes de stérilisation des chats errants. « C’est à nous de faire changer les mentalités », ajoute-t-il.

Son prochain long-métrage parlera de toute autre chose. Une comédie « explosive et déjantée » dans l’univers des pompes funèbres.

Cinéphile, il reste marqué par « Heureux qui comme Ulysse », ce manifeste poétique avec Fernandel contre la corrida. L’un des rêves de Jérôme Lescure : une maison à la campagne qui pourrait offrir une seconde vie aux animaux délaissés.

Noter les films selon un critère féministe

Quatre cinémas suédois ont décidé de mettre en place une notation pour signaler au public les films à forte valeur ajoutée féministe et ceux, au contraire, qui versent dans le sexisme. Pour obtenir le précieux « A », les films devront réussir le « test de Bechdel ». Objectif : promouvoir des films représentant les femmes dans des rôles moins stéréotypés que ceux auxquels elles sont habituellement cantonnées.

Du nom de sa créatrice, la dessinatrice américaine Alison Bechdel, ce test créé en 1985 permet d’identifier les films offrant une image positive de la femme à travers trois critères. Il faut qu’on y retrouve au moins deux personnages féminins dont le nom est identifié dans la fiction, que ces deux protagonistes aient une discussion, et qu’elles parlent d’autre chose que d’hommes.

« Le Seigneur des Anneaux », « Harry Potter » ou encore le plus récent « Gravity » ont échoué. Alors que « Blue Jasmine » ou « Man of Steel » ont été bien notés.

Selon une étude de l’École de Communication et de Journalisme de Caroline du Sud portant sur les 100 films ayant généré le plus de recettes en 2009, seulement 32,8% des personnages parlants sont des femmes.