Non, Monsieur Branson, les hôtesses ne sont pas des actrices porno

Sir Richard Branson, milliardaire et PDG du groupe Virgin, veut faire fantasmer ses voyageurs. Rien de plus simple: faire de ses hôtesses hyper sexy des objets de désir. Pour cela, l’équation est enfantine: de nouveaux uniformes pour les travailleuses de sa compagnie ferroviaire, Virgin Trains. Blouses rouges décolletées à mort et tissu fin qui laisse apparaître les sous-vêtements, afin que les voyageurs puissent plus que loucher sur la poitrine des hôtesses, qui, rappelons-le, ne sont pas là pour stimuler la libido des passagers.

Sans surprise, les hôtesses ont refusé de porter ces nouveaux uniformes. Pour faire passer la pilule, l’ingénieux Richard Branson leur a offert des bons d’achats en lingerie, de 24 euros. Pas bête. « Il est important que nos employées se sentent à l’aise, nous leur avons donc offert des chèques-cadeaux afin qu’elles trouvent de nouveaux sous-vêtements à porter sous leur blouses », a-t-il déclaré sans rire au Telegraph, un journal britannique.

Avec leurs nouvelles blouses, le patron espère que ses hôtesses deviendront les plus sexys de toutes les compagnies ferroviaires du monde. Pour ce qui de l’air, pari gagné : les hôtesses de Virgin Atlantic (bientôt rhabillées par Vivienne Westwood) ont été élues les plus sexy de la stratosphère.

Ce n’est pas un cas isolé. En Suède, une employée de la chaîne de lingerie Change a été obligée de porter un badge indiquant son nom, son tour de poitrine, ses tailles de soutien-gorge et de bonnet.

Selon l’Organisation internationale du travail, le fait d’être une femme est l’une des principales causes de discrimination au travail.

Les Galeries Lafayette déshabillent les femmes

A l’occasion de l’inauguration du nouveau rayon lingerie des Galeries Lafayette, le grand magasin parisien n’a rien trouvé de mieux que de déshabiller ses employés. Eh bien oui, la logique est imparable, quoi de mieux pour vendre soutifs et culottes que de faire déambuler des dames en sous-vêtements ?

Selon un collectif d’associations, l’opération consiste en « des animations mettant en scène des mannequins dénudés portant la signalétique du magasin tatoué sur leur corps, postées aux portes d’entrée et aux abords des escalators ; d’autres mannequins jouent les fausses clientes et tombent leur manteau pour continuer leurs achats en string et soutien gorge ». Il dénonce : « ces femmes sont des salariées contraintes de s’exposer dans le cadre de leur travail. C’est une atteinte à leur dignité et une mise en danger. La direction des Galeries Lafayette exploite le corps des femmes pour mener une opération de communication afin d’augmenter ses ventes. Le corps des femmes n’est pas une marchandise ! »

La direction des Galeries Lafayette s’est expliquée auprès de l’AFP. « On a inauguré l’espace avec des défilés, mais il n’est pas du tout question de femmes tatouées. »