La première femme porte-parole du Hamas

n-ISRA-AL-MODALLA-large570Elle a 23 ans, est journaliste et écrivain, s’appelle Israa Al-Mudallal et est devenue la nouvelle porte-parole du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza. C’est la première femme à accéder à ces fonctions.

Elle tweete, poste des photos sur Facebook et communique en anglais avec les médias occidentaux. Le Hamas lui a interdit toute communication avec les médias israéliens mais a déclaré : « Si on m’en donne la permission, je n’ai personnellement pas de problème. »

Diplômée de l’Université Grange Technology College à Bradford, au Royaume-Uni, où elle a grandi, elle souhaite « s’adresser aux médias occidentaux, changer le discours médiatique et peindre un tableau différent de la Palestine et de Gaza », une approche « plus humaine ».

Pour le porte-parole du gouvernement de l’organisation islamiste palestinienne, « il s’agit de développer le discours médiatique en Occident » et de « faire parvenir le point de vue du gouvernement et de la cause palestinienne à l’Occident ». Le choix d’une femme correspond à une volonté de « renforcement du rôle des femmes palestiniennes », celles-ci ayant « déjà fait leurs preuves dans tous les domaines ». Surtout le moyen d’humaniser une organisation dont l’Union européenne dénonce les pratiques terroristes.

Le « fat shaming week » : une semaine pour humilier les grosses

Aux États-Unis, un site internet a lancé une jolie initiative : le “fat shaming week”. Une semaine d’humiliations pour les femmes fortes. Eh oui, ça ne s’invente pas.

Tout a commencé avec la campagne menée par le site de beaufs Return of kings, qui prône « un retour de l’homme masculin dans un monde où la virilité a été de plus en plus refoulée, au profit de l’émergence d’une société politiquement correcte et androgyne qui autorise les femmes à exercer leur supériorité et leur contrôle sur les hommes. (…) Malheureusement, aujourd’hui, la virilité est devenue synonyme de misogynie. »

Les contributeurs s’en sont donné à cœur joie avec des articles comme “10 signes qui prouvent qu’elle est une Internet secret Fatty” (c’est-à-dire détecter la grosse qui sommeille en nous toutes, comme les photos de profils trompeuses, avec gros plan sur le visage ou clavicules pas assez dessinées). Un autre contributeur averti appelle à la vigilance sur les “sausage fingers”, présages de bourrelets honteux.

D’autres articles ont fleuri sur le site, comme “5 raisons pour lesquelles les grosses n’ont pas droit à l’amour” mais aussi le superbe “5 façons d’humilier une sale grosse lors d’un rencard”, avec de bonnes idées bien utiles comme de l’emmener faire du shopping pour la déprimer durant les essayages ou encore une promenade à vélo pour la faire suer avec sadisme.

Mais la bonne déconnade s’est transformée en chasse aux sorcières lorsque le phénomène a essaimé sur les réseaux sociaux. Le hashtag #FatShamingWeek s’est répandu sur Twitter, récupéré par les pro-anorexie, allant jusqu’à insulter les femmes fortes.

Ryanair veut faire fantasmer avec ses hôtesses de l’air

ryanVous vous attendiez, un peu naïvement, à ce qu’une compagnie aérienne choisisse, en photo de profil de son compte twitter, une image d’avion ? Ou alors, plus classique, une jolie photo qui fait rêver de la terre vue du ciel ? Ou bien, peut-être, quelque chose d’un peu moins prosaïque, comme la cabine de leurs avions ? Eh bien non. Ryanair a décidé d’envoyer ses passagers au septième ciel, en faisant baver le chaland avec de jolies filles dénudées, ou, devrait-on dire, des poitrines bikinisées. La compagnie aérienne irlandaise a fait le choix de communiquer sur le bon vieux fantasme bien sexiste de l’hôtesse de l’air.

Michael O’Leary, Pdg de ladite compagnie, s’est par ailleurs livre à un succulent live-tweet avec les internautes. A la clé : de bonnes blagues potaches misogynes, une appréciable référence à la taille de ses « boules » (on est ravies de l’apprendre) et des réponses aux internautes féminines sur la qualité du physique de leur photo de profil.

Ce cher bon monsieur est visiblement un habitué des sorties à mi-chemin entre beauferie et bêtise, comme lorsqu’il déclarait vouloir faire payer l’accès des clients aux toilettes ou taxer les personnes en surpoids. Rappelons cette splendide déclaration : « Pour la classe affaire tout sera gratuit ! Même les fellations ! ». On lui doit par ailleurs l’année dernière une formidable campagne de pub, censurée, où l’on pouvait admirer des hôtesses de l’air de la compagnie façon pin-up avec le slogan « Red Hot Fares & Crew » (soit « Des tarifs et un personnel très chauds »).

Michael O’Leary a par ailleurs eu la brillante idée pour récolter des fonds pour des œuvres caritatives : un calendrier sexy-(ste) de ses hôtesses de l’air, en petite tenue. Pour la bonne cause, direz-vous. Et si, Michael O’Leary, on vous faisait poser en string, pour la bonne cause bien-sûr?

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Femme au volant, mort des ovaires au tournant

SAUDI-WOMEN-DRIVING-RIGHTSSi si, conduire est très très dangereux pour les femmes. Elles risquent même de donner naissance à des enfants anormaux si elles prennent le volant. Faut pas déconner avec ça. C’est un dignitaire conservateur saoudien qui le dit. Parce que, en fait, c’est un truc scientifique : la pression exercée sur les organes reproducteurs féminins, mais uniquement féminins hein, est vachement pas cool. Conduire « peut avoir un impact physiologique négatif. La physiologie et la médecine fonctionnelle ont étudié cette question et trouvé que cela affecte automatiquement les ovaires et retourne le pelvis. C’est pourquoi nous trouvons chez les femmes qui conduisent continuellement leurs voitures des enfants qui naissent avec des désordres cliniques à différents degrés », éclairait ce bon monsieur, le cheikh Saleh Al-Luhaydan, religieux, membre du comité des ulémas et ancien président du conseil supérieur de la magistrature.

Et puis il en remet une couche, des fois que le message ne soit pas passé. Il y a clairement « dans le Coran et la sunna (tradition du prophète Mahomet) des preuves que la conduite des femmes est interdite pour des raisons morales et sociales ». Sans compter que le type est vachement bien informé. Dans les autres pays arabes, 33% des femmes qui conduisent ont été à l’origine d’accidents, contre 9% seulement des hommes. Faut pas plaisanter avec ça.

Un rapport « scientifique » réalisé en 2011 pour le Conseil religieux saoudien affirmait que permettre aux femmes de conduire « provoquerait une augmentation de la prostitution, de la pornographie, de l’homosexualité et des divorces ». Fut pas plaisanter avec ces choses-là.

Pour rappel, l’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire. Cette déclaration intervient au moment où des militantes saoudiennes lancent une campagne pour braver l’interdiction faite aux femmes de conduire. Ce mouvement, intitulé Saudi Women To Drive, appelle les Saoudiennes à prendre le volant le 26 octobre prochain.

Mais tout le monde n’a pas encore perdu la raison dans le royaume wahhabite. Le chef de la police religieuse a déclaré que « la loi islamique, la charia, ne contient pas de texte interdisant aux femmes de conduire ».

Sans surprise, ces propos ont été moqués sur Twitter. « Il n’arrive jamais rien à vos testicules? Non? Donc on devrait s’en sortir ». « Idiot! Et les voyages à dos de chameau, alors, c’est meilleur que l’auto pour les ovaires?? » fulmine une autre Saoudienne. Excellente question que monsieur le cheikh ferait bien d’examiner au plus vite.

La nouvelle Miss America est d’origine indienne (donc arabe, musulmane et fanatique d’Al-Qaïda)

Miss-America_inside_full_content_pm_v8La plus belle femme des États-Unis est d’origine indienne. Rien de bien étonnant en soi en Amérique, terre d’immigration et de métissage par excellence. Nina Davuluri, grande brune à la peau mate née dans l’État de New York il y a 24 ans, a été élue Miss America 2014 le 15 septembre au soir.

Mais cette élection a visiblement courroucé certains conservateurs. Non pas pour le côté suranné d’un concours de beauté féminine tout à fait discutable au XXIème siècle, mais parce que certains estiment que la belle Nina n’est pas assez Américaine. Pire, elle serait arabe (passons sur le fait que toutes les personnes mates de peau ne sont pas nécessairement arabes, et que les Indiens le sont encore moins). Double tare, elle serait musulmane (comme Barack Obama en fait, c’est une conspiration). Provocation ultime : lors de « l’épreuve des talents », elle a interprété un mélange de danse traditionnelle indienne et de mouvements de films de Bollywood. N’en jetez plus.

La nouvelle miss a été lynchée de tweets racistes sur le site de micro-blogging. « Quand on est miss America, on doit être Américaine », « Quand est-ce qu’une femme blanche sera élue Miss America ? Jamais ? », « Ils ont choisi une musulmane pour devenir Miss America. Obama a dû être content. Peut-être qu’il faisait partie du jury ». « Comment une étrangère peut gagner ? C’est une Arabe ! ». Sans compter une réflexion de toute beauté : « #MissAmerica hmmm quoi ? Avons-nous oublié le 11 septembre ? «  et le splendide : « C’est plutôt miss Terroriste #MissAmerica ».

Comme on dit, la bave de crapaud n’atteint pas la blanche colombe, qui déclarait après son couronnement : « Je suis si heureuse que cette institution prenne en compte la diversité ». « Nous sommes en train d’écrire l’histoire ici, en tant qu’Asiatiques américaines », alors que la communauté asio-américaine compte 18,2 millions de personnes aux États-Unis (5,7% de la population). Balayant la polémique, la reine de beauté affirmait lors de sa première conférence de presse : « Je dois m’élever au-dessus de ça ». « Je me suis toujours considérée en premier lieu et avant tout comme une Américaine », elle qui racontait avoir dû combattre les préjugés sur sa culture durant cette année d’élection (certains étaient convaincus que ses parents allaient organiser un mariage arrangée pour elle).

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À cette miss New York aux allures pas assez « américaines » (encore faudrait-il définir ce qu’est un vrai américain parmi ce peuple originaire d’Afrique, d’Europe, ou encore d’Asie), ils préféraient miss Kansas : une femme blanche, sergent de l’armée américaine, arborant un insigne militaire de toute beauté tatoué sur l’épaule.

Ni musulmane, ni Indienne, et encore moins arabe, (et quand bien même) Nina Davuluri est une étudiante diplômée de l’Université du Michigan qui souhaite devenir médecin, comme son père, gynécologue obstétricien, et souhaite utiliser l’argent de sa victoire, non pas pour financer Al-Qaïda, mais pour payer l’université. Et réaliser son rêve américain.

Ce n’est pas la première fois qu’une miss America est la cible d’attaques racistes. En 2010, Rima Fakih, une jeune femme d’origine libanaise, était la cible des mêmes relents haineux. Car d’origine libanaise, donc arabe, donc musulmane et donc sans doute terroriste, elle était accusée de militer pour le Hezbollah.

Quand un coach en séduction fait l’apologie du viol

2501337« Comment bien baiser : les trois secrets du hard sexe », suggère un site internet de coach en séduction, visiblement très bien informé sur les trucs et astuces des choses de l’amour. Exemples : « Ne lui demandez pas si vous pouvez la pénétrer comme un animal sauvage, faites-le », conseille  l’expert dont les leçons résonnent comme des incitations au viol. Il va même encore plus loin. « Montrez-lui qu’elle n’a pas vraiment le choix », « Ne vous refusez rien », « Prenez le contrôle du rapport sexuel et pensez que votre masculinité passe par des coups de boutoirs infligés ». « Elle se plaint ? pas pour longtemps ! C’est un phénomène naturel de rejet de l’autorité, mais une fois cette barrière franchie, elle s’abandonnera à vous et vous demandera de la défoncer. (…) C’est ça en fait la véritable notion du fameux ‘bien baiser' ». Voilà les conseils avisés que prodiguent un certain Kamal, expert en relations amoureuses pour qui séduction rime avec soumission.

Le site Internet de « coaching en séduction » a en toute logique été signalé le 5 septembre au parquet de Paris, aux ministères des Droits des femmes, de la Justice et de l’Intérieur par le collectif « Féministe et citoyen » pour ses propos non équivoques incitant à la violence et au viol. Un site qui avait pourtant été signalé aux autorités depuis l’année dernière.

Des propos sexistes qui ne sont pas rares sur la toile après les récentes polémiques sur Twitter, qui a visiblement les plus grandes difficultés à modérer les fougues de ses internautes myosines.

Face à ces dérives, une pétition a été lancée sur Change.org pour alerter les autorités face au sexisme en ligne, le site Everyday Sexism appelle à libérer la parole comme le Tumblr « Je connais un violeur », qui seraient peut-être un peu moins nécessaires si ce genre de coach en séduction n’avait plus voix au chapitre.

Menacée de viol pour avoir défendu Jane Austen

Caroline Criado-Perez, à droite

Caroline Criado-Perez, à droite

Caroline Criado-Perez est journaliste et militante féministe. Avec quelques camarades de combat, elle a réussi à convaincre la Banque d’Angleterre de faire un pas en avant de la parité : les billets de dix livres comporteront non pas le visage de Charles Darwin, mais celui de Jane Austen, grande romancière britannique du XIXe siècle. En 2017, son portrait ornera donc le billet. Mais sitôt l’annonce de cette victoire, le 24 juillet, Caroline Criado-Perez a été agonie d’injures sur Twitter. Plus d’une cinquantaine d’insultes par heure, pendant douze heures. Et des menaces de viol.

Florilège : « Cette Perez a besoin d’un bon passage à tabac sur les fesses », « Tout le monde, prenez place à bord du train du viol, Caroline Criado-Perez en est la conductrice », « Ça me dirait bien d’attacher cette salope à ma cuisinière ».

« Il est rageant que le prix à payer pour défendre les femmes soit une journée entière de menaces de viol. Mais en montrant que nous sommes unis, nous pouvons faire la différence : nous avons fait plier la Banque d’Angleterre, nous allons faire la même chose avec Twitter », a déclaré la journaliste, animatrice du blog Week Women et du site The Women’s Room.

Elle a donc lancé une pétition et a rassemblé plus de 60 000 signatures en quatre jours afin que le réseau social agisse contre les menaces sur Twitter. Elle a également porté plainte, un suspect de 21 ans a été arrêté à Manchester. Et pour la première fois, Twitter a cédé, en décidant de déployer un bouton de signalement.

En octobre dernier, Twitter avait refusé de transmettre à la justice des données concernant les auteurs de tweets antisémites, publiés sous le hashtag #Unbonjuif. En juin, la militante antiraciste Rokhaya Diallo s’est elle aussi heurtée au mur Twitter, qui n’a pas communiqué à son avocat l’identité d’un twittos l’ayant menacée de viol.

Pour Valérie Pécresse, les couches, c’est une affaire de bonnes femmes

Selon Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines et secrétaire générale du même parti, la loi sur le congé parental « manque de pragmatisme » parce qu’il n’est pas du rôle des pères de « changer les couches ». Qu’on se le tienne pour acquis. C’est pour cela qu’elle s’est tout naturellement opposée au projet de loi sur le congé parental.

Dans une interview au Journal des femmes, l’ancienne ministre du Budget explique tout bonnement que les pères de famille méritent de prendre un congé plus tard, « avec un enfant plus âgé ». Les biberons, les couches sales et les réveils nocturnes, c’est bien connu, c’est une affaire de chromosomes X. Elle justifie son propos en arguant que le congé paternité pris plus tardivement sera « socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués ». C’est sûr que gérer un nouveau-né, rien de plus simple. Il ne faudrait quand même pas changer une équipe qui gagne: ce n’est pas aux hommes de mettre entre parenthèses leur carrière pour des détails d’intendance..

Pire, elle enfonce un peu plus loin le clou du cliché sexiste. Pour la députée, « les enfants ont besoin de suivi à l’adolescence ». « Et c’est à ce moment que l’on aurait le plus besoin des pères, notamment parce qu’ils sont une figure d’autorité ». Mais oui, tout le monde sait que les mamans font des câlins et que ce sont les papas qui grondent. L’autorité, c’est un truc de bonhomme.

Sur Twitter, la ministre du Logement Cécile Duflot s’est dite « dégoûtée » par cette « femme qui rabaisse les femmes (et les hommes) qui changent les couches ».

On a tou(te)s besoin du féminisme

27387« J’ai besoin du féminisme parce que je suis une personne, pas un genre », dit la pancarte d’une étudiante de la prestigieuse université britannique de Cambridge, où l’association étudiante CUSU Women (Cambridge University Student Union for Women) a popularisé la campagne « Who needs feminism ? » (« Qui a besoin du féminisme ? »).

Près de 700 personnes, hommes, femmes, étudiant(e)s ou enseignant(e)s ont répondu à cette large question qui appelle aux multiples réponses. Comme celles-ci : « Parce que la société nous enseigne  »ne vous faites pas violer » plutôt que  »ne violez pas » » ; « parce que leur corps est le premier souci d’un tiers des filles de 10 ans » ; « parce que 140 millions de femmes sont victimes de mutilations génitales » ; « malgré mes privilèges, mes perspectives de vie ne sont pas encore les mêmes que celles de mes amis garçons » ; « parce que quand j’ai enseigné le taekwondo à des enfants, des garçons de 10 ans m’ont dit de retourner à la cuisine » ; « je suis une putain de passionnée de science, et ça ne devrait choquer personne ! » ou encore « parce que j’ai longtemps pensé que traiter mon frère de fille était une insulte ».

A l’origine, l’opération de l’association féministe britannique ARU Feminist Society, via un tumblr qui invite à publier leur profession de foi féministe en se prenant en photo, un panneau autour du cou.

La campagne ne s’adresse pas qu’aux femmes. Certains hommes osent même s’opposer aux limites du genre : « J’ai besoin du féminisme parce que porter du rose ne fait pas de moi une tapette » ; mais aussi « parce que les gens attendent de moi que je rie aux blagues sur le viol ». La mayonnaise a pris et commence à se propager à d’autres universités. Le hashtag #whoneedsfeminism continue de faire cogiter Twitter. Mais des lycéennes britanniques, qui avaient lancé la même initiative dans leur établissement scolaire, se sont faites harcelées et insultées par leurs camarades masculins. Les résistances genrées sont tenaces.

Un Saoudien incite à agresser sexuellement les femmes qui travaillent

En utilisant le mot-clé #harass_female_cashiers (#harcelez_femmes_caissières), Abdullah Mohammed Daoud, écrivain de livres sur le développement personnel et religieux connu en Arabie Saoudite qui a également suggéré que les bébés de sexe féminin devraient porter la burqa pour leur éviter des contrariétés, a incité ses 97 000 followers sur Twitter à agresser sexuellement les Saoudiennes qui travaillaient aux caisses des supermarchés. Et bien sûr, à rester chez elles et à protéger leur chasteté. C’est bien connu, il arrive souvent aux caisses enregistreuses de déflorer les femmes.

Le raisonnement s’appuie sur un sermon racontant qu’un guerrier islamique du 7e siècle ne voulait pas que sa femme quitte son domicile pour se rendre à la mosquée. L’un de ses arguments est qu’autoriser les femmes à travailler est semblable au trafic humain. D’une logique imparable.

Un autre religieux très conservateur, qui soutient cet appel, affirme que la loi contre le harcèlement sexuel proposée par le gouvernement n’a « pour unique but d’encourager la débauche consensuelle ». Tellement affligeant que cela se passe de commentaire.